Servir

A tous,

J’ai successivement perdu du temps, d’énergie et d’argent pour trois associations pour lesquelles j’avais a priori suffisamment de goût et de compétences : Campus Marianne, Les Petites Mains symphoniques, La Marche citoyenne, et pour le mouvement Résistons lancé par Jean Lassalle.

Je n’évoque pas ces quatre institutions pour en affaiblir les leaders ni pour en discuter les objectifs ou l’idéologie, c’est-à-dire les principes fondateurs et la motivation des membres, le problème n’a jamais été au niveau des valeurs défendues.

On n’en conclura pas non plus que je n’ai participé qu’à ces quatre projets épuisants : les autres sont, ou ont été, de mon point de vue, de belles réussites, Cap Jeunesse, Ateliers Ville, Phronesis, sans compter celles dans lesquelles je n’exerce pas de responsabilité ou d’influence même temporaires, mais qui satisfont la soif d’apprendre ou de jouer.

Mais je peux insister sur ce qui différencie justement les unes des autres, parce que cela implique la relance de l’association Creactifs, réservée un moment à une présence sur Internet et désormais dédiée aux tâches qu’on ne m’a pas autorisées ailleurs.

Dans ces quatre cas, outre les problèmes récurrents liés au statut des bénévoles, (fragilités psycho-sociales, conflits, affects, précarité des ressources, refus d’une formation continuée) les fondateurs ont confondu l’influence que je souhaitais avoir pour participer à la cohérence et à l’organisation du projet avec une ingérence dans leurs privilèges. Ils n’ont d’ailleurs jamais fait que nommer des responsables sans jamais en proposer l’élection par des pairs.

J’assume la remise en cause de leur autorité prétendue, et si j’en analyse les conséquences sur la démocratie interne, (dont dépend, il faut le redire, la légitimité à convaincre du public), c’est principalement pour modéliser autrement le fonctionnement de Créactifs.

Ce n’est pas une question d’organigramme, (il faut bien à chaque tâche un artisan identifiable, un coordinateur), ni même d’agenda, (même s’il faut utiliser tous les moyens de réduire trajets et temps de présence), c’est une question de fond, donc une question d’intelligence collective.

La forme des débats, la qualité des rencontres et du travail individuel préparatoire, la clarté des comptes rendus et des publications, le respect de l’autre et la construction de soi dans la confiance, l’honnêteté intellectuelle et le scrupule budgétaire, (qui n’exclut pas l’investissement dans l’innovation) ne sont pas que des voeux pieux ou des utopies, ce sont des outils indispensables.

Mes amis déjà concernés et moi donnons rendez-vous sur le site Creactifs.org pour entrer ensemble au service du Bien commun et d’un humanisme adapté aux temps incertains que sont les nôtres. Si vous êtes intéressés, placez un commentaire à la fin des articles que vous lisez.

Christian Lévêque

4 – Définir le civisme

Discerner le civisme, le vivre ensemble, des autres formes de lien social, la civilité et la citoyenneté, n’est ni courant, ni aisé. En définitive, leur confusion elle même est significative de l’obscurantisme ambiant et de la faillite des élites occidentales à penser l’avenir sans oeillères et logiquement.
Discerner n’est pas couper. Tout ce que l’on peut dire de l’une des trois formes de relation à l’autre et à soi, a des implications dans chacune des autres, et l’ensemble se constitue en système problématique, dont l’interprétation est libre et personnelle même si tout mon propos est d’en faciliter la mise en commun : le civisme se définit donc dans le discernement d’avec la citoyenneté et la civilité.
La citoyenneté met l’individu en face de ses responsabilités vis à vis de la Cité, de l’état, et de la République. La civilité, la civilisation, qualifient les rapports du même individu avec ses proches, et les communautés auxquelles ils appartiennent, l’ensemble formant un peuple, une nation. Le civisme implique le citoyen dans la société telle qu’elle fonctionne, une société pour laquelle il travaille et dans laquelle il évolue sans toutefois y exercer une influence directe.
Toute définition est le résultat d’un choix. Mais ici, les définitions, donc mes choix, s’appuient sur une logique du fonctionnement du réel telle que nous la pensons plus ou moins ensemble, ou de la même façon. Cela peut paraître complexe mais l’hypothèse que toutes les problématiques fonctionnent sur un même modèle rend les choses plus simples.
Cette hypothèse de travail s’ affirme et s’ expérimente de recherches longues sinon connues. Pratiquement elle nous conduit à concevoir également un système qui permet de discerner l’incivisme d’autres formes de comportement asocial. L’incivisme est un manquement à une règle, à un code ou à une loi, et la victime en est la société entière, de façon anonyme et souvent inaperçue. Exemple, le fait de ne pas payer un voyage en transport en commun.

3 – Contenu du séminaire en ligne

 

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Séminaire Civisme et Sens commun

La mise en oeuvre du séminaire Civisme et sens commun a fait évoluer le projet progressivement.

Conçu au départ autour de réunions organisées à Paris certains dimanches matins, ce séminaire sera finalement installé sur Internet comme un cours en ligne, entrecoupé d’interventions vidéo que mes invités m’adresseront librement ou d’ interviews réalisées lors de rencontres et de débats organisées par des amis ou des partenaires.

Cinq axes de réflexion : la crise sociale et l’économie, l’administration et la gouvernance, la sécurité et l’innovation, la santé et le travail, l’esthétique et le droit à la différence, feront l’objet de cinq séquences. Bien entendu je m’expliquerai sur cette répartition moins arbitraire qu’il n’y paraît.

Pour chaque série, la première proposera un état des lieux et des enjeux spécifiques aux domaines concernés, je mettrai ensuite le thème en perspective notamment historique et proposerai un vocabulaire commun, la troisième évoquera des solutions imaginées voire testées, la quatrième séquence partira d’une lecture d’Ivan Illich et dans la dernière je répondrai aux commentaires et contributions en conclusion partielle. J’inviterai au fur et à mesure des travaux et des sujets les lecteurs à participer en fonction de leur propre recherche.

Evidemment comme tout séminaire de ce type, nous pourrons en interrompre le cours pour une incursion dans des domaines proches, en fonction de l’actualité de cette année électorale. Je ne préjuge pas des conclusions de ce travail de recherche même si je prévois qu’elles se situeront sur le terrain de l’éthique individuelle et seront donc multiples mais convergentes.

ChL

1 – Comment et pourquoi Créactifs ?

Créactifs est née en 2000 de l’idée que les artistes devraient mutualiser leurs efforts pour acquérir une notoriété locale auprès d’un premier public grâce aux outils multimédia, et à une approche pluridisciplinaire.

Aujourd’hui nous élargissons la thématique arts et culture en répartissant l’effort collectif dans trois directions (convergentes) la communication, la citoyenneté et la culture, considérant que les crises que traverse la société européenne n’ont d’issue que dans la créativité et la concertation.

Pour l’heure, le site creactifs.org reste la principale activité et nous organiserons une campagne d’adhésion en septembre 2017.Outre les projets propres de l’association, tous les lecteurs de ce blog peuvent présenter leurs initiatives personnelles et celles des collectifs, associations, entreprises, communautés qu’ils veulent promouvoir. 

Pour recevoir une notification à chaque nouvel article, inscrivez votre e-mail dans la colonne à droite de votre écran. Merci également de laisser le plus souvent possible un commentaire, ne serait-ce que pour faire savoir que vous avez lu l’article.

 

ChL

2 – Une nouvelle étape d’un parcours déjà long

Commencé avec Zohra Bitan et Campus Marianne, poursuivi aujourd’hui avec Jean Lassalle et la Marche Citoyenne, ce travail de recherche et d’élucidation en éducation civique ne peut être le fait d’un chercheur isolé, à l’abri d’un texte longuement mûri au soleil pâle d’une seule conscience politique et sociale. c’est pourquoi je suis résolu non seulement à l’ouvrir sans précaution particulière au plus large public (prié de le piller, de l’interpréter et de le plagier a volo) mais aussi à le laisser interrompre par tous ceux qui le souhaiteront et ceux, en particulier, que j’aurai invité à le faire,

L’association Créactifs, que j’ai créée en 2000, reprend trois objectifs principaux, la pratique artistique et l’action culturelle, notamment auprès des jeunes, l’éducation populaire à travers des ateliers et une revue numérique, et ce laboratoire en ligne, qui sera prolongé par des rencontres, des initiatives de tous ordres, venues de lecteurs ou de collectifs intéressés ; J’imagine notamment proposer à des groupes professionnels, à des associations, à des organismes une rencontre informelle autour de leurs projets spécifiques. (Gratuitement, avec remboursements des frais, s’entend).

L’adhésion à Créactifs est gratuite, elle donnera droit à une newsletter régulière qui informera entre autres de l’avancée de ce laboratoire et des moyens de le rejoindre, encore mieux des besoins auxquels adhérents et sympathisants pourraient répondre. Le thème de cette année étant Civisme et sens commun, chacun peut bien sûr se sentir concerné et avoir une spécialité professionnelle ou connaître des expériences originales.

Les séquences seront constituées d’un texte, dont on pourrait considérer l’ensemble comme un programme de séminaire d’université populaire, auquel on ajoutera des liens de documentation personnelle et des textes croisés venus à ma demande de l’un ou l’autre d’entre vous, enfin de commentaires libres. Chaque lecteur, idéalement, postera au moins un commentaire court pour chaque séquence, en une sorte de tour de table « en ligne ».

Mon objectif final, si l’on m’y aide, sera au terme d’au moins trois années de fonctionnement, de créer un fond de documentation et une méthode pour renouveler l’éducation civique des scolaires et la prolonger dans les débats citoyens, la formation des jeunes effectuant un service civique ou de responsables d’associations et de collectifs. Au mieux nous parviendrons peut-être à intéresser des élus. La deuxième année sera consacrée à la citoyenneté, et la troisième à la civilité, (autrement dit à l’éducation).

Christian Lévêque

1 – S’interroger sur le vivre ensemble

Le vivre ensemble, le civisme, entre revendications et peurs communautaristes, gouvernance affaiblie et confusion idéologique, attentats et tensions internationales, échecs et inconséquences des institutions, de l’administration, cynisme et inertie dans l’école et dans la presse… ne sont-ils que des vœux pieux, hérités d’un temps où la fraternité fonctionnait encore ?

Le mérite républicain, l’ascension sociale, la notion de service, l’honnêteté fiscale, le comportement au volant, la parole donnée, le respect des vieilles gens, la protection de la veuve et de l’orphelin, les soins médicaux pour tous, la justice et l’équité, ont-ils disparu pour toujours du paysage social français ?

S’interroger sur le vivre ensemble et proposer une société conviviale a été le programme d’Ivan Illich, (1926 – 2002) , Le monde moderne et les outils (machines et institutions) dont nous disposons aujourd’hui asservissent l’individu, ruinent l’environnement, dissolvent les communautés. Lire Ivan Illich permettra de nous décentrer d’un regard sur nos sociétés le plus souvent marqué par l’égoïsme, la critique, le dénigrement et les revendications.

Mais c’est aussi l’orientation prise par de nombreux collectifs citoyens dont on espère le regroupement ou du moins la collaboration par exemple à l’appui du Conseil Économique Social et Environnemental, troisième Chambre de la République. nous demanderons à des représentants de ces mouvements et à tous ceux qui ont une spécialité ou une expérience dans le domaine du civisme d’intervenir dans ce laboratoire.

L’insurrection civique que d’aucuns appellent de leurs voeux, que d’aucuns préparent sans aucune certitude d’être suivis un jour, sera pacifique et devra aboutir à des méthodes de gouvernance décente, d’échange économique solidaire, d’écologie non-punitive, d’administration allégée et respectueuse, de police et de sécurité sereines, – la liste s’allongera – ; elle nécessitera avant tout une conversion de chacun au bien commun.

Christian Lévêque

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